Pôle santé 4 mai 2026 9 min de lecture Par La rédaction Guérin

Décès en EHPAD : la vidéo des bons gestes pour les soignants

Vidéo de 32 min avec un thanatopracteur du groupe Guérin : positionnement du corps, fermeture bouche/yeux, certificat de décès, pacemaker, mise au froid.

Vidéo pédagogique

Décès en EHPAD : la vidéo des bons gestes pour les soignants

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32:00
Décès en EHPAD : la vidéo des bons gestes pour les soignants
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La rédaction Guérin publie une vidéo pédagogique de 32 minutes destinée aux soignants confrontés au décès d'un résident ou d'un patient. Elle a été tournée lors d'une rencontre entre Freddy, thanatopracteur du groupe, l'équipe d'accompagnement de Pompes Funèbres Guérin et le personnel soignant d'un établissement de Loire-Atlantique. Cinq points essentiels y sont abordés, avec un fil rouge : faciliter la collaboration entre les équipes soignantes et les opérateurs funéraires, dans le respect du défunt et de sa famille.

Vidéo réalisée par la rédaction Guérin avec le concours d'un thanatopracteur. Durée : 32 min. Public visé : soignants en EHPAD, hôpital local et services de gériatrie.

Pourquoi cette vidéo

Le décès en EHPAD ou dans un service hospitalier ne survient jamais au moment idéal. Dans les structures, le personnel tourne, parfois non encore formé aux gestes funéraires, et certains moments de la journée — la nuit, les week-ends, les transitions d'équipe — rendent la prise en charge plus difficile. Cette vidéo rassemble les petites attentions concrètes qui font la différence entre une situation maîtrisée et une situation tendue, à la fois pour les équipes et pour la famille.

Elle n'a pas vocation à se substituer aux protocoles internes de chaque établissement. Elle vient en complément, en apportant le point de vue du thanatopracteur — celui qui intervient quelques heures après le décès et qui sait dire ce que les premiers gestes facilitent, ou compliquent.

Les cinq chapitres de la vidéo

1. Le bon positionnement du corps (1:29 → 4:46)

Première urgence après le constat du décès : repositionner le corps avant l'apparition de la rigidité, qui s'installe en moyenne 24 heures plus tard. La règle est simple :

  • Allonger le défunt sur le dos, dans son lit.
  • Surélever légèrement la tête.
  • Croiser les mains sur l'abdomen, sans tension.
  • Retirer la couverture épaisse pour favoriser le refroidissement naturel.

L'objectif est double : éviter les lividités cadavériques sur le visage et les mains, et faciliter la présentation à la famille. Un corps laissé en position fœtale prend une rigidité asymétrique qui complique le travail du thanatopracteur et nécessite ensuite de « redétendre les muscles » — une étape qui rallonge le soin et peut altérer le résultat. À noter aussi : identifier formellement le défunt reste primordial, particulièrement en EHPAD où les bracelets ne sont pas systématiques.

2. Fermeture de la bouche et des yeux (5:02 → 9:37)

Trois méthodes éprouvées pour la fermeture de la bouche :

  • La mentonnière — efficace, à condition de poser la phase la plus large sur le thorax. Limite : peut marquer si laissée plus de 10 heures. Une compresse américaine glissée sous la sangle limite la marque.
  • Le drap roulé sous le menton, combiné à une légère élévation du lit médicalisé : souvent suffisant tant que la mâchoire n'est pas figée.
  • La minerve en mousse (et non rigide) — méthode privilégiée par le thanatopracteur dans la vidéo : facile à poser, ne marque pas, difficile à mal positionner.

L'œuf de Pâque sous le menton, encore parfois mentionné, est aujourd'hui à éviter — esthétiquement déplaisant pour la famille qui viendrait avant le soin.

Pour la fermeture des yeux, deux méthodes simples et sans matériel spécialisé :

  • Une fine couche de crème réhydratante sur le globe oculaire, puis repositionner la paupière.
  • Un petit carré de papier toilette absorbant (env. 5 mm × 5 mm) glissé sous le globe oculaire avant de refermer la paupière.

À éviter absolument : le scotch sur les paupières — il arrache la peau au moment du retrait et complique le maquillage de présentation. Les compresses sur les yeux entrouverts sont possibles mais peu adaptées si la famille vient avant le soin.

3. Certificat de décès et pacemaker (9:47 → 18:05)

Le certificat de décès, sans lequel ni l'opérateur funéraire ni le thanatopracteur ne peuvent intervenir, doit mentionner clairement la présence ou non d'un pacemaker. Or aujourd'hui :

  • Le retrait des pacemakers est obligatoire dans tous les cas, qu'il s'agisse d'une crémation ou d'une inhumation. Une inhumation peut donner lieu plus tard à une exhumation suivie d'une crémation, d'où la précaution généralisée.
  • Le geste est techniquement délicat juste après le décès car la pression sanguine résiduelle peut entraîner un saignement non maîtrisé. Le thanatopracteur préfère retirer le pacemaker en fin de soin de conservation, après injection du produit, donc sans pression vasculaire.
  • Les pacemakers nouvelle génération (« Micra ») sont insérés directement dans une artère et ne peuvent pas être retirés en chambre mortuaire ou en chambre funéraire. Ils partent avec le corps en crémation. Encore faut-il que cette information figure sur le certificat — ce qui n'est pas toujours le cas.

Conseil pratique pour les services : renseigner systématiquement la marque et l'emplacement du dispositif dans le dossier médical, avant le décès, et le signaler clairement à l'équipe le jour J. Cela évite des déplacements multiples du thanatopracteur et des manipulations inutiles.

4. Mise au froid et tables réfrigérantes (18:15 → 31:00)

C'est le sujet le plus important du point de vue du thanatopracteur : mettre le corps en sécurité, c'est-à-dire au froid, le plus rapidement possible après le passage du médecin. Trois cas de figure :

  • Hôpitaux et structures équipées d'une chambre mortuaire : le corps est descendu dès que le certificat est établi. Cellule réfrigérée. Idéal.
  • EHPAD équipés d'une table réfrigérante : brancher la table, vérifier qu'elle est réglée à 0 °C (et non en mode « congélation » qui forme de la glace).
  • EHPAD non équipés : si le délai de prise en charge par l'opérateur funéraire dépasse quelques heures, l'établissement doit prendre à sa charge le transfert vers le funérarium le plus proche pour mettre le corps en cellule réfrigérée.

L'expérience partagée dans la vidéo est éloquente : une grand-mère décédée le matin, restée dans sa chambre non climatisée jusqu'au lendemain midi, a présenté des altérations cutanées (peau qui se détache au niveau du globe oculaire et de l'abdomen) qui ont compliqué la présentation à la famille. À l'inverse, lors de la tempête Xynthia, des soins ont été menés jusqu'à 5 jours après le décès avec un excellent résultat — parce que les corps avaient été placés en cellule réfrigérée dès le premier jour.

Depuis le décret de 2018, les thanatopracteurs n'effectuent plus leurs soins sur des tables basses : il leur faut une table réfrigérante à hauteur de travail, ou un chariot élévateur. Plusieurs EHPAD de Loire-Atlantique ont investi dans ces équipements ; d'autres mutualisent ou orientent vers le funérarium dès la première heure.

Point d'attention sur le certificat de décès : depuis 2023, les infirmiers formés peuvent signer le certificat dans certaines conditions. Une avancée importante pour les EHPAD où le médecin traitant ne passe parfois qu'en fin de journée — délai problématique quand le décès survient à 2 heures du matin.

5. Soin de conservation ou simple toilette ? (31:00 → fin)

Quand une famille refuse d'emblée le soin de conservation, l'opérateur funéraire doit l'inviter à reconsidérer en lui exposant les délais réels : en ce moment, les délais de crémation atteignent 7 jours. Sur 7 jours sans soin, dans une chambre EHPAD où la température dégagée par les équipements est élevée, présenter le défunt à la famille devient compliqué.

La vidéo détaille les tarifs (entre 400 et 500 € pour un soin de conservation, environ 245 € pour une toilette avec retrait de pacemaker) et précise une règle simple : si le thanatopracteur intervient pour un soin, le retrait du pacemaker est inclus, sans surcoût.

À qui s'adresse cette vidéo

  • Soignants en EHPAD : aides-soignantes, infirmières, IDEC. Particulièrement utile pour les nouveaux arrivants.
  • Personnel d'hôpitaux locaux et de services de gériatrie.
  • Référents décès ou référents fin de vie : support pour les temps de formation interne.
  • Médecins coordonnateurs et cadres de santé : rappel utile sur la coordination avec l'opérateur funéraire.

La vidéo peut être visionnée en équipe, par exemple lors d'une réunion de service de 30 minutes, ou intégrée à un module de formation interne sur la prise en charge du décès.

Pour aller plus loin

Cette vidéo s'inscrit dans un ensemble de ressources éditoriales destinées aux soignants. Pour approfondir les sujets traités :

Vos retours nous intéressent

Si votre service souhaite organiser une rencontre similaire avec un thanatopracteur du groupe Guérin pour aborder vos questions concrètes, l'équipe est à votre disposition. La rédaction Guérin publiera dans les prochains mois d'autres formats pédagogiques courts — articles, fiches réflexes, podcasts — pour outiller les soignants au plus près de leur pratique.

Ces informations sont données à titre indicatif et ne se substituent pas aux protocoles internes de votre établissement. Pour toute question médicale ou organisationnelle, consultez votre médecin coordonnateur ou votre cadre de santé.

Sources & ressources

Pour aller plus loin, consultez les sources officielles et associations spécialisées.

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